La question tombe toujours le lendemain du tirage, en réunion de bureau : « si on remplit, on garde combien ? » La réponse tient en une phrase et deux barèmes. On déduit les frais de la recette brute, puis on partage l'excédent à parts égales entre les deux clubs. Ce qui change d'un tour à l'autre, c'est la façon de compter les frais.
Sur les tours régionaux : les frais au réel
Jusqu'au 6e tour, c'est votre ligue qui fixe le barème. Le mécanisme, lui, est le même partout : de la recette brute on retire, dans l'ordre, les frais d'organisation et de location du terrain, le déplacement des officiels désignés, puis le déplacement de l'équipe visiteuse.
À titre d'exemple, un règlement régional 2026-2027 retient un forfait d'organisation de 10 % de la recette brute — ou un devis, à soumettre à la commission huit jours avant la rencontre — et un déplacement visiteur calculé à 1 € du kilomètre aller-retour, sur le trajet le plus court. Le reste, la recette nette, se partage à 50 % entre les deux clubs.
Les chiffres de votre ligue peuvent différer. Le principe, non.
Et si la recette ne couvre pas les frais
Le déficit est supporté en parts égales par les deux clubs : concrètement, le club visiteur reçoit du club recevant ses frais de déplacement, moins sa part de déficit. Recevoir un adversaire lointain avec une petite affluence n'est donc pas neutre — et c'est précisément pourquoi plusieurs ligues imposent d'organiser une recette à partir du 4e tour.
Sur les tours fédéraux : les frais au forfait
À partir du 7e tour, la Fédération reprend la main et simplifie le calcul. La TVA est déduite de la recette, puis un forfait de frais d'organisation, et l'excédent se partage à parts égales. Pour l'édition en cours, ce forfait est de 35 % de la recette hors taxes, pour une TVA à 5,5 %.
Un exemple rend la mécanique lisible. Sur une recette de 21 100 € TTC, soit 20 000 € hors taxes, le forfait de frais retire 7 000 €. Restent 13 000 €, soit 6 500 € pour chaque club.
Le forfait ne récompense pas la sobriété : il est calculé sur la recette, pas sur vos dépenses réelles. Tenir vos coûts d'organisation sous le forfait, c'est autant de gagné.
Ce que le partage ne couvre pas
La recette de billetterie n'est qu'une partie de ce qu'une affiche de Coupe rapporte. La buvette, la boutique et les ventes du jour restent intégralement au club recevant : elles n'entrent pas dans le partage. Sur un match qui attire dix fois votre affluence habituelle, c'est souvent là que se joue l'écart entre une belle soirée et une vraie recette de saison.
Quant aux dotations versées par la FFF à chaque tour, elles sont distinctes de la billetterie et reviennent aux clubs qualifiés.
Les trois erreurs qui coûtent cher
- Vendre trop bas. Le prix minimum de la ligue est un plancher, pas un tarif conseillé. Un public venu pour une affiche exceptionnelle accepte un tarif d'affiche exceptionnelle.
- Distribuer les invitations sans les compter. Chaque place gratuite sort de la recette brute, donc du partage. Les places offertes se décident avant l'ouverture de la vente, pas au portillon.
- N'ouvrir qu'au guichet le jour du match. Une file à l'entrée, c'est du monde qui repart — et une recette amputée sur le seul créneau qui comptait.